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Voix saturée : apprendre à crier sans se détruire la voix.

Dernière mise à jour : 29 déc. 2025

Panorama des techniques… et pourquoi se former avec Inside The Scream & David Féron


On les a longtemps prises pour de simples “hurlements”. Pourtant, les voix saturées sont aujourd’hui au cœur de recherches scientifiques sérieuses et d’une pédagogie de plus en plus structurée. Des labos de phonétique aux studios de répétition, on comprend désormais

mieux comment ces sons extrêmes se produisent… et comment les réaliser sans se bousiller la voix.


Parmi les pionniers de cette approche en France, on retrouve David Féron, chanteur, pédagogue du Studio des Variétés et fondateur de Inside The Scream, structure entièrement dédiée aux voix saturées. Il a initié, avec le phoniatre Gérard Chevaillier, des travaux qui font aujourd’hui référence dans le monde du chant rock et metal.


Voici un tour d’horizon des principales techniques, de ce qu’elles mobilisent dans le corps et de quelques artistes emblématiques.


Voix saturée : de quoi parle-t-on exactement ?

On parle de voix saturée dès qu’un son chanté comporte une dose volontaire de “rugosité” : souffle, frottements, grésillements, grondements… Dans le langage scientifique, on parle de rough vocal effects (effets vocaux rugueux) : distortion, growl, grunt, rattle, creaking, etc. 


Contrairement à l’idée reçue, il ne s’agit pas de “crier plus fort que tout le monde”, mais de modifier l’organisation du conduit vocal par un ajustement des cordes vocales “vraies” (pli vocaux), la mise en vibration éventuelle des fausses cordes (plis ventriculaires), la participation de structures comme les cartilages aryténoïdes ou l’épiglotte et la gestion très fine du flux d’air, du soutien respiratoire et du twang (rétrécissement contrôlé de certains résonateurs).


La bonne nouvelle : plusieurs études montrent que des chanteur·ses professionnel·les utilisant régulièrement ces effets peuvent conserver une bonne santé vocale, à condition d’une technique maîtrisée et d’une progression encadrée. 


LE FRY : de la “friture” au cri

Le vocal fry, registre le plus grave

Le vocal fry (ou “voix craquée”, “friture vocale”) est le registre vocal le plus grave : un son très lent, crépitant, souvent utilisé en début ou fin de phrase parlée. Dans ce registre, les cordes vocales vibrent à une fréquence très basse, en “paquets”, avec peu d’air et beaucoup de relâchement. 


Dans le corps, on observe : un flux d’air minimal, quasi “goutte à goutte”, des cordes vocales très raccourcies et épaissies, donc détendues, souvent une posture globale plutôt relâchée,


Des études sur le vocal fry montrent que ce registre, correctement utilisé, ne présente pas intrinsèquement plus de risque que les autres, tant qu’il n’est pas forcé, et qu’il peut même être utile en rééducation vocale. 


Le fry scream, la version extrême


En faisant évoluer ce registre, on obtient le fry scream, typique de certains styles metal et metalcore : un cri aigu, très “strident”, mais paradoxalement produit avec très peu d’air et beaucoup de finesse. 


Dans le corps, le fry scream mobilise, sur une base de vocal fry, un renforcement du twang : resserrement doux au niveau du larynx et de l’espace au-dessus des cordes vocales, un canal buccal précis : on “guide” le son vers l’avant, souvent derrière les dents supérieures et un soutien respiratoire tonique, mais sans “pousser” sur la gorge.


De nombreux artistes metal utilisent des couleurs proches du fry scream, par exemple dans certains cris de chanteurs·ses de metalcore ou post-hardcore (Bring Me The Horizon, Architects, etc.), mais aussi dans des accents plus discrets chez des artistes rock alternatifs.


Hors metal, la base de vocal fry est extrêmement courante dans la pop et le R’n’B moderne (Billie Eilish, Britney Spears, etc.), souvent en début de phrase pour donner un effet intime ou “cool”.


LE GROWL (et les fausses cordes) : l’art du grondement

Le growl est sans doute le son le plus emblématique du death metal : une voix très grave, gutturale, quasi “démoniaque”. Sur le plan anatomique, il est fortement associé à la mise en vibration des fausses cordes (plis ventriculaires), situées au-dessus des plis vocaux “classiques”.


Des travaux sur la dynamique des plis ventriculaires ont montré que ces structures pouvaient entrer en vibration dans des gestes comme le growl, le shout ou le vocal fry, et que ces vibrations modifiaient fortement le timbre sans forcément abîmer les cordes vocales principales, si la technique est maîtrisée. 


Dans le corps, le growl s’appuie sur une colonne d’air stable soutenue par une respiration basse (diaphragme, muscles abdominaux profonds), un larynx souvent légèrement abaissé (sensation “yawn” / bâillement), l’activation contrôlée des fausses cordes, qui ajoutent la rugosité et un engagement musculaire global, mais sans crispation localisée dans la gorge


Cette technique est utilisé notamment par Tatiana Shmayluk (jinjer), George “Corpsegrinder” Fisher (Cannibal Corpse), Mikael Åkerfeldt (Opeth), Angela Gossow puis Alissa White-Gluz (Arch Enemy)..., dans une autre esthétique, certains chants traditionnels (chants inuits, mongols) utilisent aussi des mises en vibration proches des fausses cordes. 


LA DISTORTION / Grit “rock”

C’est la voix éraillée typique du rock : James Hetfield (Metallica), Dave Grohl (Foo Fighters), Brian Johnson (AC/DC) ou hors metal : Janis Joplin, Joe Cocker, Louis Armstrong, Rod Stewart, Christina Aguilera dans certains passages très “raspy”.


Elle repose souvent sur une base de voix chantée claire, bien placée avec un ajout d’irrégularité (petites perturbations de vibration), soit au niveau des cordes vocales, soit dans les structures au-dessus et un mélange de twang, de compression modérée et de gestion fine du flux d’air


LE RATTLE ( et les saturations supraglottiques )

Le rattle ferait intervenir davantage les cartilages aryténoïdes et des structures au-dessus des cordes vocales, produisant un cliquetis très caractéristique. 


Certaines saturations épiglottiques impliquent un rapprochement de l’épiglotte et de l’arrière du larynx, ajoutant une texture rugueuse à un son de base déjà phoné. 


Dans le corps, ces effets demandent un calibrage millimétré : trop peu de soutien ou trop de pression et on bascule dans le cri forcé, potentiellement traumatisant.


Et la santé dans tout ça ? Ce que dit la recherche...

Longtemps, les voix saturées ont été perçues comme forcément mauvaises pour la santé vocale, or plusieurs travaux récents racontent une histoire bien plus nuancée comme le montre une étude longitudinale sur des chanteurs professionnels utilisant régulièrement distortion, growl, grunt, rattle et creaking qui n’a pas mis en évidence de dégradation systématique de leur santé vocale, à condition d’une technique maîtrisée et d’un encadrement pédagogique. D'autres travaux sur le chant avec “rasp” concluent que la saturation peut être compatible avec une pratique saine, si l’on comprend précisément ce qui se passe dans le conduit vocal et si l’on progresse de manière progressive et consciente.


Pourquoi se former avec David Féron & Inside The Scream ?

On pourrait être tenté de se dire : “Je vais apprendre à screamer sur YouTube dans ma chambre.” C’est exactement le genre de scénario qui peut mener droit à la dysphonie, à la fatigue chronique, voire aux lésions si l’on force sans repères.



L’intérêt d’une formation comme INSIDE THE SCREAM – Technique de voix saturée avec David Féron, c’est qu’elle repose sur :

  • une double culture : scène rock/metal (plus de 1 500 concerts, plusieurs albums avec NOTHING et Simsalabim) et pédagogie au long cours (Studio des Variétés, stages en France et à l’étranger), 

  • un travail co-construit avec le milieu médical (phoniatre, recherche sur les voix saturées),

  • une approche progressive qui part du corps, de la respiration et de la voix claire avant d’ajouter la saturation,

  • une connaissance fine de toutes les grandes familles de saturation : fry scream, growl/voix de fausses cordes, distortions rock, effets supraglottiques…


Concrètement, dans ce type de stage, on retrouve généralement :

  • des échauffements corporels et vocaux adaptés à la voix saturée

  • un travail sur les voyelles, consonnes et le placement de la voix avant saturation

  • la découverte guidée des différents effets (fry chanté, son saturé, growl, scream…)

  • de l’application sur votre propre répertoire : comment injecter une touche de saturation dans un refrain pop, un couplet rock ou un morceau de metal extrême

  • un cadre où la préservation de la voix est centrale : pauses, hydratation, écoute des signaux d’alerte, dialogue avec les professionnels de santé si besoin.


En résumé : un instrument puissant… à apprivoiser

La voix saturée n’est plus un territoire sauvage réservé aux “fous de metal”. C’est :

  • un langage expressif à part entière, utilisé dans le metal mais aussi dans le rock, le blues, la pop ou certains chants traditionnels ;

  • un terrain de recherche scientifique en plein essor ;

  • un champ pédagogique où des spécialistes comme David Féron et Inside The Scream jouent un rôle clé pour rendre cette pratique accessible, structurée et sécurisée.


Si vous rêvez de transformer votre petit meow en roar assumé – que ce soit pour un projet metal, un groupe de rock, ou simplement pour enrichir votre palette vocale – la prochaine étape logique est de vous faire accompagner.


👉 Participez à notre formation voix saturée avec David Féron – Inside The Scream. Vous y découvrirez, pas à pas, comment faire rugir votre voix… sans la sacrifier.


🗓️ Date : 7 et 8 février 2026


📍 Lieu : Le Campus des Musiques Actuelles


🎙️ Pour tous niveaux & tous styles


👉 Infos / inscriptions : cliquez ici


⚠️ Places limitées !

Sources ayant servies à la rédaction de cet article

Herbst, C. T. et al., Journal of Voice (2019) — études sur les mécanismes laryngés.

Bourne, T., Garnier, M. (2020), Journal of Voice — effets rugueux & metal.

Titze, I., National Center for Voice & Speech — fonctionnement de la voix & vocal fry.

Markus, J., University of Utah — imagerie de chanteurs metal en harsh vocals.

Zangger Borch, D. (2005), Chant populaire et rock, Kungliga Musikhögskolan.

Inside The Scream — David Féron (recherche et pédagogie des voix saturées).

Melissa Cross — The Zen of Screaming, pédagogie scream/growl.

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